Images d'IRM du bas du dos, comme celles d'un rapport qui mentionne une hernie discale
Conditions & troubles de santé
–
Publié le 2026-09-29

Hernie discale : ce que le mot veut vraiment dire

« Vous avez une hernie discale. » Peu de mots font aussi peur dans un rapport d’imagerie, et peu sont aussi mal compris. Dans une étude qui a passé 3 369 adultes à l’IRM, 76 % avaient au moins une anomalie au bas du dos, qu’ils aient mal ou non, et ces anomalies annonçaient très peu la douleur six ans plus tard (Kasch et coll., 2022). Une hernie discale sur une image ne dit donc pas, à elle seule, d’où vient votre douleur.

Qu’est-ce qu’une hernie discale, au juste ?

Entre deux vertèbres, un disque sert de coussin. Son centre est souple, son pourtour est plus ferme. On parle de hernie discale quand une partie du centre se déplace à travers ce pourtour et peut faire pression sur un nerf voisin.

Les rapports d’imagerie utilisent quatre mots. Le premier ne décrit pas une hernie à proprement parler ; les trois autres disent jusqu’où le centre du disque a bougé vers l’extérieur.

  • Bombement : le pourtour du disque déborde légèrement, sur une bonne partie de son tour.
  • Protrusion : le centre pousse le pourtour sans le traverser.
  • Extrusion : le centre a traversé le pourtour.
  • Séquestration : un fragment s’est détaché.

Ces mots décrivent une forme. Aucun ne mesure votre douleur.

Du disque normal à la hernie : un disque normal, un bombement, une protrusion, une extrusion et une séquestration
Les quatre mots des rapports d'imagerie, du disque normal à la séquestration.

Pourquoi le mot « hernie discale » est-il si mal compris ?

Parce qu’on lui fait dire trois choses qu’il ne dit pas. La première : que le disque aurait « glissé » et qu’il faudrait le « replacer ». Un disque est solidement attaché aux vertèbres, il ne sort pas de sa place comme un tiroir.

La deuxième : que l’image explique la douleur. Beaucoup de gens portent une hernie sans le savoir et sans avoir mal. Ce sont vos symptômes et l’examen qui disent si cette forme compte.

La troisième : que c’est pour la vie. Beaucoup de hernies diminuent d’elles-mêmes, souvent dans les premiers mois.

Comment distinguer une hernie discale, une sciatique et un nerf coincé ?

Ces trois expressions se mélangent dans les conversations, et elles ne désignent pas la même chose :

  • La hernie discale est ce qu’on voit sur une image : un disque qui a changé de forme.
  • La sciatique est ce qu’on ressent : une douleur qui descend dans la fesse et la jambe, parfois avec des engourdissements. Une hernie discale en est une cause possible, parmi d’autres. Si c’est votre cas, plusieurs gestes simples peuvent aider à soulager une douleur sciatique.
  • Le « nerf coincé » est une expression fourre-tout. Un nerf peut être irrité ou comprimé, mais une douleur au dos ou à la jambe n’est pas toujours un nerf coincé.

Un repère utile : quand une hernie irrite un nerf, la douleur descend souvent dans la jambe et peut s’y faire sentir plus que dans le dos. C’est l’examen qui tranche. Le chiropraticien vérifie la force, les réflexes et la sensibilité, puis compare ce qu’il trouve à ce que vous décrivez.

Une hernie discale peut-elle disparaître toute seule ?

Oui, et plus souvent qu’on le croit. Une méta-analyse a regroupé 31 études et 2 233 personnes traitées sans chirurgie : chez environ 70 % d’entre elles, la hernie avait diminué ou disparu à l’imagerie (Zou et coll., 2024). La plupart de ces changements se produisaient dans les six premiers mois.

Un résultat va contre l’intuition : plus la hernie est marquée, plus elle a de chances de se résorber. La résorption touchait environ 88 % des séquestrations et 67 % des extrusions, contre 38 % des protrusions et 13 % des bombements.

Part des hernies qui diminuent selon la forme : séquestration 88 %, extrusion 67 %, protrusion 38 %, bombement 13 %
Part des hernies qui diminuent à l'imagerie, selon la forme (Zou et coll., 2024).

Un rapport qui parle d’extrusion décrit donc une des formes que le corps résorbe le mieux.

Qu’est-ce qui peut aider à soulager les symptômes pendant ce temps ?

Attendre ne veut pas dire rester immobile. Pour le mal de dos avec ou sans sciatique, le guide de pratique britannique NICE, mis à jour en 2026, recommande :

  • des explications sur ce qui se passe et l’encouragement à poursuivre vos activités habituelles ;
  • un programme d’exercice adapté à ce que vous tolérez ;
  • la thérapie manuelle (manipulation vertébrale, mobilisation, massage), combinée à l’exercice.

Le but : vous aider à bouger et à moins souffrir pendant que le corps fait son travail. À la clinique, le chiropraticien et le kinésiologue bâtissent ce plan avec vous, à partir de l’examen. Pour les médicaments, votre médecin ou votre pharmacien vous conseillera.

Que faire quand on vous annonce une hernie discale ?

Commencez par faire évaluer vos symptômes. La plupart des gens sont soulagés par des mesures sans chirurgie ; l’opération se discute quand les symptômes persistent ou s’aggravent (Zhang et coll., 2023).

Concrètement :

  • repérez lequel des quatre mots (bombement, protrusion, extrusion, séquestration) figure dans votre rapport : il renseigne sur les chances que l’anomalie se résorbe à l’imagerie ;
  • notez où se trouve la douleur, ce qui la réveille et ce qui la calme ;
  • donnez-vous un horizon de quelques semaines pour voir dans quel sens ça évolue. Un engourdissement entre les jambes, une difficulté nouvelle à uriner, de la fièvre ou une chute importante changent la donne : ces signes demandent un médecin (voir la section suivante). Une perte de force qui s’installe mérite une évaluation sans attendre. Votre chiropraticien peut vous examiner et vous référer vers un médecin au besoin.

À la clinique, à Rimouski, une évaluation en chiropratique part de vos symptômes et de l’examen. L’image vient ensuite, quand elle peut changer la conduite à tenir. Notre kinésiologue peut bâtir avec vous un programme d’exercice adapté à ce que vous tolérez.

Quels signes demandent de voir un médecin sans tarder ?

La grande majorité des hernies discales ne sont pas dangereuses. Deux signes demandent toutefois de voir un médecin le jour même. Un seul suffit :

  • un engourdissement entre les jambes (la zone qui touche une selle de vélo) ;
  • une difficulté nouvelle à uriner, ou à retenir l’urine ou les selles.

D’autres demandent de voir un médecin rapidement :

  • une douleur au dos accompagnée de fièvre ;
  • une douleur qui limite vos mouvements après une chute importante.

Une perte de force dans une jambe ou un pied, qui s’installe ou s’aggrave, demande une évaluation sans attendre : elle peut venir d’une hernie, et elle se voit en clinique.

En cas de doute, Info-Santé répond au 811. Si l’un de ces signes apparaît pendant un suivi en chiropratique, dites-le sans attendre votre prochain rendez-vous : le chiropraticien vous oriente vers un médecin.

En bref

  • Une hernie discale décrit une forme sur une image, pas votre douleur.
  • Beaucoup de hernies diminuent d’elles-mêmes, souvent dans les six premiers mois.
  • En attendant, rester actif, faire un exercice adapté et, au besoin, de la thérapie manuelle peuvent aider à soulager.
  • Un engourdissement entre les jambes ou une difficulté nouvelle à uriner : un médecin, le jour même.

Le premier geste : faites évaluer vos symptômes.

Questions fréquentes

Une hernie discale peut-elle se replacer ?

On ne replace pas un disque : il n’a pas quitté sa place. En revanche, une hernie diminue souvent d’elle-même avec le temps.

Faut-il une IRM pour savoir si j’ai une hernie discale ?

L’IRM est l’examen qui la montre. Elle est surtout utile quand son résultat peut changer la conduite à tenir, par exemple si les symptômes persistent ou si une perte de force apparaît. Ce sont vos symptômes et l’examen qui guident cette décision avec votre médecin.

Une hernie discale mène-t-elle toujours à une opération ?

Non. La plupart des gens s’améliorent sans chirurgie, et la hernie diminue souvent d’elle-même dans les premiers mois. D’ici là, faites évaluer vos symptômes : à notre clinique de Rimouski, c’est par là que commence l’évaluation en chiropratique.

Sources

  • Kasch R, Truthmann J, Hancock MJ, Maher CG, Otto M, Nell C, Reichwein N, Bülow R, Chenot JF, Hofer A, Wassilew G, Schmidt CO. Association of Lumbar MRI Findings with Current and Future Back Pain in a Population-based Cohort Study. Spine. 2022;47(3):201-211. DOI : 10.1097/BRS.0000000000004198. PMID : 34405825.
  • Zou T, Liu XY, Wang PC, Chen H, Wu PG, Feng XM, Sun HH. Incidence of Spontaneous Resorption of Lumbar Disc Herniation: A Meta-analysis. Clinical Spine Surgery. 2024;37(6):256-269. DOI : 10.1097/BSD.0000000000001490. PMID : 37559207.
  • Zhang AS, Xu A, Ansari K, Hardacker K, Anderson G, Alsoof D, Daniels AH. Lumbar Disc Herniation: Diagnosis and Management. The American Journal of Medicine. 2023;136(7):645-651. DOI : 10.1016/j.amjmed.2023.03.024. PMID : 37072094.
  • National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management. Guide NG59, publié le 30 novembre 2016, mis à jour le 29 juillet 2026. https://www.nice.org.uk/guidance/ng59